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article paru dans le journal LA PROVENCE le samedi 8 avril 2006

SAINTE-ANNE S’EMBALLE POUR L’ENVIRONNEMENT

Des dessins dans les écoles, des panneaux plantés un peu partout, des sacs bio à la caisse des commerces : le quartier s’engage pour améliorer la propreté.

C’est au père Charles Neveu, le curé de la paroisse, que l’on devrait l’idée : « On discutait de tout un tas de choses à améliorer dans le quartiers. On s’est dit que la propreté, ça pouvait parler à tout le monde », se souvient Claude Guilhem, le président du CIQ de Sainte Anne (8è). Certes, le quartier ne détient pas ‘le record de la saleté’ à Marseille ; mais « on peut toujours améliorer les choses, non ? »

Pour structurer son action, le comité a notamment établi une « charte action propreté » : un vrai petit plan d’attaque « pour sensibiliser aux questions d’environnement ».

Ce sont les enfants qui donnent l’exemple : de 8 à 9h au Tempo(388 av de Mazargues), ils présentent leurs plus beaux dessins réalisés à l’école sur ce thème. « on dit que les gamins parlent à leurs parents, ils peuvent les sensibiliser au tri des déchets, par exemple », observe, confiant, Claude Guilhem. La section aérographie du lycée professionnel Mistral a aussi aidé les petits a créer des panneaux pédagogiques qui seront, dans quelques jours, éparpillés aux quatre coins du quartier, de la place Baverel aux abords du Corbusier.

Sainte Anne va également emboîter le pas à ses voisins de Mazargues (la Provence du 12 octobre 2005) en testant pendant deux mois les sacs biodégradables. Réalisés en amidon de maïs en Italie, ils seront fournis par l’Association Valorisante et Insertion pour l’Environnement (AVIE) au prix des sacs traditionnels (la Région et la BNP paient la différence) : « un sac plastique, on s’en sert 20 mn mais la nature va mettre 400 ans à s’en débarrasser », rappelle Michel Mourlot, responsable du projet. Aussi solides que les autres, les sacs « bio » disparaissent en trois mois de compostage... ‘et s’ils sont jetés dans la nature, en un an, on n’en parle plus.’ Ça donne à méditer. D’autant qu’après 2010, l’Europe ne rigolera plus du tout avec les sacs de caisses : ils seront tout bonnement interdits.

Si les grandes surfaces s’y sont déjà mises, ‘reste à modifier le comportement des petits commerçants’, observe Michel Mourlot. A Sainte Anne, jusqu’à l’été, ils seront une cinquantaine à jouer le jeu. Comme Robert, le primeur de la place Baverel : « j’en prends mille, pour voir ce que ça donne question texture et solidité », explique-t-il. De ce côté-là, a priori, Robert devrait être conquis. Le seul hic, c’est toujours le prix : un sac biodégradable peut coûter ‘trois fois plus cher’ qu’un sac plastique. A Mazargues, tout le monde a fini par reprendre ses mauvaises habitudes...plastiques. L’AVIE et le CIQ Sainte-Anne ont encore du pain sur la planche.

Delphine Tanguy