Le poisson n’est pas dans son assiette, lequel pour la notre ?
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conseils du WWF

Le récent accord européen sur la pêche illustre le problème, plus général, des réserves de poissons dans le monde. Peut-on encore manger du poisson sans menacer les fonds marins ?

« Non », répond, un brin provocateur, Benoït Guérin, responsable pêche au WWF. »Les ressources halieutiques sont aujourd’hui surexploitées, et il serait en effet préférable que nous réduisions globalement notre consommation de poissons, même si le problème est différent selon les espèces et selon les régions du monde ». Pourtant, les bienfaits nutritionnels du poisson sont incontestables. Faut-il alors n’acheter que les poissons d’élevage ? »Le problème, c’est que les poissons d’élevages sont carnivores. Il faut donc beaucoup de petits poissons pour les faire grandir. Ce n’est donc pas la bonne solution », déclare Benoït Guérin . Pour aider les consommateurs qui veulent manger sain sans nuire aux fonds marins, Greenpeace et le WWF sont en train d’éditer des guides, qui devraient être disponibles ce printemps 2006.

Le classement du WWF

En attendant leur sortie, le WWF Suisse a établi une classification des poissons que l’on trouve sur les étals helvètes. Ainsi l’association référence dix espèces de poissons sauvages « non recommandables », c’est-à-dire qui font l’objet d’une surpêche, où « les prises fortuites » (les poissons pêchés mais non recherchés, qui sont rejetés en mer) sont importantes et où les méthodes de pêche ont un impact négatif sur les fonds marins. Les poissons à éviter selon WWF : le lieu/colin de l’Alaska, et, dans l’Océan Atlantique, la baudroie/lotte, le carrelet/plie, le flétan, le merlan, la morue/cabillaud, le saumon, la sébaste, la sole et le thon à nageoires bleues. En ce qui concerne les poissons d’élevage, le WWF déconseille la dorade royale, le loup de mer/bar, la morue/cabillaud, l’omble, le saumon, la truite, le turbo, ainsi que les crevettes et le pangasius du Vietnam.

Les poissons « recommandables », selon WWF Poissons sauvages : Brochet(Europe), crevettes(Atlantique), féra/corégone(Europe), flétan(Pacifique), hareng(Atlantique), hoki(Pacifique), lieu noir(Atlantique), maquereau(Cornouailles, Atlantique), merlu du Cap, omble(Europe), perche(Europe), sandre(Europe), saumon de l’Alaska. Les poissons d’élevage : Carpe(Europe), crevettes bio (Vietnam/Equateur), moule(Europe), pangasius(Suisse), perche(Suisse), saumon atlantique bio(Ecosse/Irlande), truite bio(Suisse)

Le chiffre : 75 % des stocks de poissons ont été surexploités ou sont menacés de surexploitation, selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentaire et l’agriculture.(FAO)

Et pour tous ceux qui auraient peur de manquer d’oméga 3, il n’est pas inutile de rappeler que nous avons besoin en moyenne de deux grammes d’omega 3 par jour. Pour cela, il faut environ 120 grammes de saumon, ou 200 grammes de thon, ou plus écologiquement, dix à quinze noix ou deux cuillérées d’huile de colza.